Lorsque j’étais une oeuvre d’art

Lorsque j’étais une oeuvre d’art, d’Eric-Emmanuel Schmitt:

9782253109587

Résumé :
Lorsque le récit commence, nous ne connaissons pas le nom du narrateur. Nous savons juste qu’il est un jeune homme qui décide de se suicider au bord d’une falaise, tant il se trouve laid, banal, médiocre, dans l’ombre de ses frères, les fameux frères Firelli connus dans le monde entier pour leur beauté. Il est arrêté in extremis par un homme, Zeus Peter-Lama, un artiste qui lui demande 24h pour changer sa vie. Il va ensuite s’abandonner totalement à celui qu’il appelle son « bienfaiteur » Il va se laisser transformer, son corps va être totalement modifié pour devenir une « œuvre d’art ». Il est totalement déshumanisé et c’est sa rencontre avec un autre artiste, le peintre Hannibal, qui va lui faire changer sa vision sur le monde.

Le récit en lui-même est une réflexion sur la vision de l’homme dans la société actuelle. Le personnage de Tazio Firelli nous montre que l’homme accorde trop d’importance au jugement des autres et donc à son apparence et va à tout prix, essayer de la changer pour se faire accepter. Tazio Firelli est au début du roman, un jeune homme se trouvant complètement banal, qui n’arrive pas à trouver sa place dans la vie. Pour y parvenir, il va faire une confiance aveugle à celui qu’il appelle son « bienfaiteur » et va totalement être transformé pour accéder à la gloire et être mondialement connu. Ce jeune homme va apprendre à se construire tout au long du roman, après avoir été détruit, et découvrir les vraies valeurs comme l’amour et la famille à la fin du récit. On peut trouver un autre exemple dans le personnage de la femme de l’artiste Zeus Peter-Lama, congelée de son propre choix au moment du récit. Celle-ci ne voulant pas vieillir, a demandé qu’elle soit « réveillée » quand les progrès de la médecine aura empêché les traces du vieillissement. En effet, dans la société actuelle, les marques de l’âge sont des traces souvent perçues comme indésirable et donc à effacer (voir nos articles sur le botox et l’acide hyaluronique, « remède » contre le vieillissement »).

Le roman aborde également les rapports qu’il y a entre l’art et le succès. Notre héros rencontrera en effet deux artistes au long du roman. Le premier, qu’il considère tout d’abord comme son «Bienfaiteur » est un personnage extravagant. Le personnage de Zeus se décrit lui-même comme « le plus grand peintre et le plus grand sculpteur de notre temps », mais ce qu’il recherche vraiment est le succès qu’il provoque lui-même. Le peintre Hannibal, s’y oppose totalement. Il est un artiste et il aime son art. Son succès à lui ne sera que posthume. Ce personnage présente un caractère intéressant et totalement opposé à celui de Zeus car pour lui, « la gloire va mieux aux morts [...], c’est un vêtement d’emprunt, elle rend les vivants ridicules. »

Une grande question autour de la liberté de l’homme : Tazio va accepter de donner son corps à l’artiste et de devenir entièrement sa possession. L’artiste va lui enlever toute humanité, va le transformer en « monstre », en une œuvre d’art. Il va être vendu à plusieurs reprises, il est considéré comme une œuvre d’art, et donc comme un objet. A la fin du roman, il cherche à retrouver sa liberté, et sa volonté devient utopique. Il nous invite donc à réfléchir sur soi-même : vaut-il mieux rester soi-même ou vouloir se faire accepter par la société à tout prix en se dépersonnalisant ?

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