L’excision

Définition:

L’excision est un acte généralement pratiqué en Afrique noire et en Egypte, mais aussi dans certaines régions d’Asie du Sud-est (Malaisie, ….) et d’Amérique du Sud. Chaque année, 2 millions de fillettes subissent des mutilations sur leurs parties génitales, au nom d’une tradition familiale.

Il est existe trois pratiques différentes :

– le sunna est la pratique la plus «légère», est aussi appelée «excision symbolique» et consiste à inciser le clitoris ou bien à en couper le capuchon.
– l’excision ou la clitoridectomie, qui consiste en l’ablation partielle ou intégrale du clitoris et des petites lèvres.
– l’infibulation est la forme la plus grave; elle consiste à l’ablation du clitoris ainsi que des grandes et petites lèvres. La vulve est ensuite recousue avec des moyens de fortune, comme avec du catgut, du fil de soie ou d’épines, et seul un orifice étroit est laissé pour l’évacuation de l’urine et l’écoulement du flux menstruel.
– le sunna est la pratique la plus «légère», est aussi appelée «excision symbolique» et consiste à inciser le clitoris ou bien à en couper le capuchon.
Quelle que soit sa forme, l’excision reste une mutilation sexuelle.

Conséquences pour les femmes:

L’excision a malheureusement de nombreuses conséquences, tant physiques que psychologiques. L’acte est le plus souvent pratiqué sur des fillettes qui ne savent pas ce qui les attend et elles seront marquées à vie par les douleurs de l’opération effectuée sans anesthésie, avec des couteaux,des lames de rasoirs ou des tessons de verre. Beaucoup de fillettes décèdent même à la suite du choc, des douleurs atroces ou d’hémorragies. L’opération peut également entraîner des difficultés pour uriner, des infections chroniques des reins et des organes génitaux, et même la stérilité.

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Une femme de la communauté chiite des dawoodi bohras, en Inde, témoigne qu’après l’opération « Je ne pouvais plus m’asseoir. Même marcher m’était douloureux. » Ces douleurs reviendront tout au long de leur vie : les rapports sexuels seront une torture pour elles et l’accouchement pourrait engendrer la perte de la mère ou de l’enfant suite à de graves complications.

L’excision, une pratique traditionnelle:

Cette mutilation sexuelle est une tradition millénaire  installée dans un contexte animiste. Pour de nombreuses ethnies africaine, elle constitue un rite de passage de la petite fille qui est pleinement reconnue par sa communauté après l’excision. L’excision a une grande place pour certaines communautés africaines, et certaines jeunes filles sont par la suite très fières de leur appartenir.

Le sujet est tabou, et personne n’ose remettre en question cette tradition de peur d’attirer la honte et l’ostracisme sur sa famille. Cependant, de plus en plus de mères veulent empêcher de faire perdurer cette tradition sur leurs petites filles. Ceux qui entament des mouvements réformateurs sont mis au ban de la communauté. Suivant les peuples et les ethnies, on peut voir de nombreuses raisons et croyances à l’origine de cette mutilation. Les femmes non excisées sont décrites comme « impures » et incapables de retenir leurs pulsions sexuelles, donc accusées d’ adultère. Certaines ethnies croient que le clitoris peut empoisonner l’homme ou l’enfant à la naissance, ou encore qu’il retiendrait le pénis prisonnier lors de rapports sexuels. D’autres croient que le clitoris serait un organe masculin et qu’il doit être enlevé pour devenir une femme à part entière. Il en est de même pour l’homme pour qui la circoncision est censée enlever chez lui toute partie de femme.

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L’excision dans le monde:

Les mutilations sexuelles sur les jeunes filles existent dans le monde entier mais plus précisément en Afrique. On considère que 28 pays sont impliqués dans la pratique de l’excision. Cependant la proportion de femmes excisées varie selon les pays. On peut distinguer l’Égypte, l’Éthiopie, l’Érythrée, Djibouti, la Guinée, le Mali, Sierra Leone, la Somalie et le Soudan où l’on estime le pourcentage de femmes excisées à 85% et plus. Selon l’UNICEF, seuls 13 pays d’Afrique ont des lois réprimant les mutilations sexuelles et autres formes de violences faites aux femmes.
En Europe, suite à l’immigration africaine, l’excision reste une réalité pour les femmes. Elle existe à Paris, Berlin, Stockholm, Rome, Amsterdam ou encore Londres. L’opération n’est plus seulement pratiquée par des exciseuses mais également dans des cabinets de médecins. Mais par peur des sanctions, l’excision est souvent réalisée dans le pays natal durant les vacances scolaires.

L’excision et la religion:

Nombreuses sont les personnes qui croient, à tort, que l’excision est prescrite par le Coran. En effet, la plupart des savants musulmans bannissent l’excision et seul certains religieux égyptiens l’autorisent pour que les médecins qui la pratiquent y trouve un bénéfice financier. En réalité, l’excision n’est pas un tradition exclusivement islamique, elle existe également dans certaines communautés chrétiennes notamment chez les coptes d’ Egypte, du sud du Nigeria et de l’Afrique de l’est, et chez une communauté juive : les Falashas.

L’excision est considérée comme une mutilation sexuelle, et existe toujours dans certaines ethnies du monde entier, même si on ne connait pas vraiment les origines de cette pratique. Aujourd’hui, elle est formellement interdite et pénalisée en Europe, et la lutte contre cette pratique se généralise maintenant en Afrique où les Etats interviennent de plus en plus.

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